Monographie

La commune rurale (CR) d’Ait Ichou se situe sur le plateau d’Oulmès à une altitude de 830 m. Administrativement, elle fait partie du cercle d’Oulmès, province de Khémisset. Sa superficie totale est voisine de 100 km2.

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L’implantation de la population dans la zone du projet a été régie essentiellement par l’histoire des mouvements des tribus dans le Royaume et par les conditions physiques du terrain. La région a connu, durant les derniers siècles, le passage de plusieurs tribus qui  se déplaçaient du Sud-Est vers le Nord-Ouest du pays à la recherche de terres pastorales plus fertiles. Ainsi, le territoire du plateau central avait abrité la tribu des Beni Hsène (18éme siècle), ensuite les tribus des Zaërs et Zemmours (Beni Hakem). Les Aît Amar, qui peuplent actuellement la région, sur le territoire des communes rurales d’Oulmès, d’Ait Ichou et de Bouqachmir, et sur une partie de la commune de Moulay Bouaza (Ait Boukhayou), s’y sont installés vers la mi-19ème siècle pour exploiter les ressources pastorales qu’offre la zone. Ils forment avec les deux autres grandes tribus des Mrabtins et des Ait Abdous, la grande confédération des Ait Sgougou, et font partie du groupe ethnique des Zayan. Ces derniers, comme leurs voisins, les Beni Mguild, appartiennent au vaste ensemble de populations dénommées les Ait Oumalou (les gens de l’ombre) qui furent mouvement depuis la bordure nord du Haut Atlas, de la grande tribu de SANHAJA.  Ait Amar sont les descendants de Amar, saint du Sahara, qui s’est installé dans la région d’Oulmès. Le saint Amar avait deux enfants Saïd et Affane qui se partagèrent la région entre l’Est et l’Ouest. Les Ait Saïd s’installèrent à l’Ouest, sur l’actuel centre d’Oulmès, où les trois fractions Ait Alla, Zitchoune et Ait Boukhayou, portent le nom de ses enfants. La descendance du second frère porte le nom des Ait Affane et regroupe les deux fractions d’Ait Ichou (CR Ait Ichou) et d’Ait Hatem (CR Bouqachmir) (cf. ENDA Maghreb, 1998). La CR d’Aït Ichou comprend actuellement trois machiakhates dont l’une au niveau du village de tiliouine, chef-lieu de la Commune. Elle est gérée par un conseil de 13 élus (dont 2 femmes) représentant les différents douars de la Commune (tableau 1).

Tableau 1 : Douars composant la CR d’Ait Ichou

Fraction Sous fraction Douars ou lignées
Ait Ichou Ait Zguit Ait Mohamed ouhaddou

Ait Nasseur

Ilghmane

Ait Ikken

Charfa

Tiliouine centre (village)

Ait Kassou Ait Haddou Mezzine

Ait Mallouk

Ait Hmama

Injarne

De point de vue climatique, la zone est caractérisée par un climat méditerranéen. La pluviométrie moyenne annuelle est d’environ 470 mm avec des maxima entre les mois de janvier et avril et des minima aux mois de juillet et août.

Les températures varient habituellement entre 30 et 33 °C, avec des minima de 1 à 5 °C et des maxima de 34 à 37 °C.

Sur le plan géologique, la zone s’inscrit dans le domaine du plateau central et déborde, au nord, sur le plateau de Zemmour du sillon sudrifain.

Les sols formés sur schistes sont les plus répandus dans la région. Ces sols paraissent toujours bruns avec une pierrosité croissante en fonction de la profondeur, et variable selon l’exposition ou la pente.

Le réseau hydrographique de la zone se caractérise par un régime très variable d’une saison à l’autre. Cependant, il dépend, en grande partie, du  bassin de l’oued Tannous drainant les petits cours d’eau descendant dans le massif d’Ait Ichou Ouest. La forêt d’Ait Ichou ouest est traversée principalement par l’oued Hamoudane, ainsi qu’une multitude de petits cours d’eau, dont notamment chaâbat Brour.

L’alimentation en eau potable est faite essentiellement à partir de sources, toutefois la population a de plus en plus recours aux puits, généralement d’une dizaine de mètres de profondeur.

L’abreuvement des animaux se fait tant au niveau des cours d’eau que des abreuvoirs aménagés autour des puits.

De point de vue couvert végétal, la commune rurale d’Aït Ichou est caractérisée par une strate arborée à base de chênes liège et vert qui occupent respectivement prés de 67,0% et 13% de la superficie totale de la forêt. Toutefois, d’autres essences dont le thuya sont présentes sur les versants des oueds Tennous et Hammoudan. Le matorral est essentiellement à base de cistes et lavande.

Sur le plan démographique, la population de la CR d’Ait Ichou a connu une diminution assez importante entre 1994 et 2004 (2424 vs 2213 habitants). La densité moyenne au niveau de la région est passée de 20 habitants/km2 à 25 habitants/km2 entre 1982 et 1994. La diminution du taux d’accroissement entre 1994 et 2004 s’explique par l’exode de la population vers d’autres régions du Maroc notamment les régions d’Agadir et de Berkane pour le travail dans des fermes agricoles.

L’agriculture au niveau de la CR d’Aït Ichou constitue la deuxième composante du système de l’exploitation après l’élevage. Néanmoins, la surface agricole utile (SAU) ne représente que 19 % de la superficie totale, comparée à 74 % pour les forêts. D’où l’importance accordée à l’élevage extensif au niveau de la commune.

Les spéculations agricoles pratiquées dans la zone sont représentées essentiellement par la culture des céréales (63 %) et secondairement par les cultures des fourrages (16%). Les terres sont, dans la quasi-totalité des cas, semées une année sur deux. La répartition de l’occupation des sols est prédominée par les cultures de blés (43 %) et l’orge (47%).

Les récoltes sont généralement destinées à l’autoconsommation. L’orge est réservée à l’alimentation animale (animaux de trait et la supplémentation des ovins et bovins).

L’élevage constitue l’activité principale des habitants de la CR d’Ait Ichou. En effet, la forêt d’Ait Ichou est l’une des grandes zones pastorales du Maroc. Elle  offre d’importantes potentialités naturelles en matière de parcours, permettant ainsi des productions animales à faible coût.

Le cheptel de la zone est composé de races généralement adaptées aux conditions écologiques de la zone (relief montagnard et climat à hiver froid) mais dont la productivité est relativement faible.

Selon la DPA de Khémisset, les effectifs (2004) du cheptel au niveau de la commune sont :

Ovins      : 20.000 têtes.

Caprins : 10.000 têtes.

Bovins    : 2.500 têtes.

Ces élevages sont exclusivement de type extensif. En d’autre terme, le bétail doit effectuer des déplacements quotidiens à la recherche de sa nourriture en forêts, sur les terres incultes, les chaumes ou jachères.

L’aviculture, de type traditionnel, est pratiquée par la plupart des foyers, mais elle reste encore une activité exclusivement féminine.

L’apiculture moderne est pratiquement inexistante au niveau de la commune.

4 Responses to "Monographie"

  • benyadi says:
  • Adil says:
  • hicham says:
  • hicham says:
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